"Cinquante mille francs pour une entreprise, ce n'est rien !"
Compte rendu Arts Plastiques et Entreprises 2002

Markus Friedemann Strieder
Markus Friedemann Strieder.
Alliages 2002, œuvres d'art originales
coproduites par 4 artistes en residence
chez les industriels de la metallurgie du jura
(Musée des Beaux-Arts de Dole et Fort Griffon à Besançon)

Arts et Entreprises







Pérennité







Fiscalité

Au mois d'octobre 2002, rencontre désormais annuelle, le colloque Art et Entreprise, initiée par la Ville d'Issy les Moulineaux, a réuni plus de 250 participants et de 30 intervenants sur l'estrade, plus ou moins bons orateurs.

André Santini,le Maire de la Ville, en entrevue avec France Inter pour la promotion de son livre, n'a malheureusement pu accueillir ses invités comme prévu. Malgrés son absence, les débats ont tout de même fait rage. En guise d'ouverture, un artiste de renom de déclarer à un souriant président directeur général d'entreprise : "Cinquante mille francs pour une entreprise, ce n'est rien !". Dans la joie et la bonne humeur, La discussion n'en était pas moins lancée.

Le colloque a ainsi accueilli les témoignages d'artistes intervenant en entreprises (Anne Vignal, invitée chez la société Wavecom et initiatrice de l'opération Art et Entreprise ; Isabelle Demaegdt, moins convaincante consultante artistique pour Metaplan et bien d'autres). Directeurs et présidents d'Acomis ou de Targetti Sankey S.p.A., tous accordent leurs violons pour louer les interventions de leurs artistes.

Mais que restent-ils de ces initiatives ? Rares sont en effet les interventions inscrites dans la durée et dans une stratégie convaincante. Seule l'intervention transalpine de Paolo Targetti, président de la société du même nom, semble avoir une inscription indéniable dans le temps.

Quel exemple pour la France où le soutien des entreprises à la création contemporaine n'est pas entré dans les habitudes culturelles et reste encore trop exceptionnel. De plus si France Telecom R&D, la Société Générale, Altadis ou encore Gencod peuvent tout de même être félicités pour leur importante implication aux côtés de l'art contemporain, qu'en est-il de ceux qui "montre l'exemple", les pouvoirs publics ?

La question se pose en effet à la clôture d'un telle rencontre à propos de la position de l'Etat français face à, d'une part les besoins des artistes pour vivre et surtout créer, et d'autre part la "main tendue" des entreprises françaises. Et si d'aucun ne voient pas encore le lien entre une fiscalité favorable à destination de ces entreprises "engagées", est-il encore nécessaire de démonter les mécanismes fiscaux et financiers qui favoriseraient l'art contemporain ? Les dés sont jetés, en espérant qu'ils retombent sur la table du ministre en charge de la question et de son directeur de cabinet, il y a peu encore, paraît-il, fort sensible au sujet. Affaire ą suivre…

Philippe Agéa
Décembre 2002

Carton d'invitation d'Alliage au Musée des Beaux-Arts de Dole et à Fort Griffon de Besançon  jusqu'en février 2003
Arts Plastiques et Entreprises 2001

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