Par-delà les mille et une nuits, Musée du Louvre, Lens
Histoire des orientalismes
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Histoire des orientalismes

Histoire des orientalismes, Bassin dit Baptistère de Saint-Louis_14e siecle. Muhammad ibn al-Zayn © Musée du Louvre

 
"Beyrouth retrouvera-t-elle les splendeurs qui trois fois l'ont faite reine du Liban ? (…)
c'est le commerce de de Damas et le rendez-vous central des populations industrieuses de la montagne, qui font encore la puissance et l'avenir de Beyrouth. Je ne connais rien de plus animé, de plus vivant que ce port, ni qui réalise mieux l'ancienne idée que ce fait l'Europe de ces Echelles du Levant, où se passaient des romans ou des comédies"

Gérard de Nerval
 
 
Après la précédente exposition Gothiques, nous voyageons vers une certaine idée de l'Orient. Sont rassemblés près de 300 chefs-d'œuvre dans cette l'exposition qui invite au voyage à travers les mille et une vies d'objets venus d'Orient, du Moyen Âge à nos jours. De Paris à Ispahan, de l'Alhambra au Caire, de Constantinople à Venise et Alger. C'est une constellation d'histoires où se croisent récits historiques et imaginaires pour décoder la fascination suscitée par le vocable : "l'Orient". L'exposition se déploie en 15 sections.

Histoire. Au début du 18e siècle, c'est Antoine Galland qui publie en français Les Mille et Une Nuits (une traduction ancienne, mais aujourd'hui de nouvelles traductions ont parues). Cet ensemble de contes, issus de traditions indiennes et persanes, transmis en arabe dès le 9e siècle est porté par la figure de Shéhérazade qui conte à un roi des histoires sans fin pour échapper à la mort promise.

Il faut rappeler également l'engouement des écrivains français tels que Nerval avec son Voyage en Orient (Folio n° 3060), publié en 1851, dans lequel il évoquait la ville étrange de Constantinople ! sa splendeur et misères, larmes et joies ; l'arbitraire plus qu'ailleurs, et aussi plus de liberté ; rappelant que quatre peuples vivent ensemble sans se trop se haïr ; et le livre de Théophile Gautier qui visita l'Égypte en 1869, publié en 1877, L'Orient (Folio n° 5681). Ainsi que le livre de Maxime du Camp, l'ami de Flaubert, intitulé Le Nil est dédié à Gautier. Des textes qu'on aurait aimé voir évoquer dans cette exposition. Cet espace méditerranéen fut aussi appelé "Levant". Et Victor Hugo disait : "Le statu quo européen, déjà vermoulu et lézardé, craque du côté de Constantinople. Tout le continent penche à l'Orient."

Nous avons pour la première fois, un ensemble remarquable issu du département des Arts de l'Islam du musée du Louvre, présenté au Louvre-Lens. Deux chefs-d'œuvre emblématiques sont présentés de manière exceptionnelle : le baptistère de saint Louis et le lion de Monzón. Un prêt inédit complété par des œuvres provenant de collections françaises et belges. Le visiteur pourra voyager de l'Alhambra de Grenade, du Caire, de Constantinople, d'Anatolie ou de Venise, du Maroc, en rêvant comme le furent les Histoire des orientalismess et les écrivains que nous avons cités. Et notamment Edouard Saïd (1935-2003) qui publia en 1978, L'Orientalisme, l'Orient créé par l'Occident (Ed. du Seuil, Points Essais). Une approche qui soutient cette exposition. À travers une approche chronologique et critique, l'exposition retrace, sous le prisme français, les échanges culturels entre Orient et Occident du Moyen Âge à nos jours. Elle propose un voyage dans l'espace et dans le temps, où se croisent objets, imaginaires, humains et histoires.

Plusieurs sections rythment le parcours : Dès le 8e siècle, des objets venus d'Orient, perçus comme précieux, circulent en Europe et enrichissent trésors d'églises et collections royales. La légende des échanges entre Charlemagne et Haroun al-Rashid illustre le prestige de ces objets. À partir du 13e siècle et particulièrement à partir du 16e siècle, le commerce méditerranéen intensifie les transferts et les savoir-faire, tandis que les échanges diplomatiques et la fascination pour l'Empire ottoman nourrit turqueries et imaginaires européens.

Il faut admirer le bassin, chef-d'œuvre d'orfèvrerie réalisé par un certain Muhammad Ibn Al-Zayn, en Syrie ou en Egypte, vers 1330, arrivé en France autour de 1400, utilisé alors comme baptistère. Les objets ont vu passer des milliers de personnes à travers les temps, "ils nous regardent", comme le disait Kader Attia lors d'une conférence au Louvre. Annabelle Ténèze, commissaire et directrice du Louvre-Lens, nous a insufflé sa passion, sa flamme pour son sujet, accompagnée par Souraya Noujaim, qui dirige le département des arts de l'Islam du Musée du Louvre, et Gwenaëlle Fellinger, qui en est la conservatrice en chef. Ce sont les multiples récits historiques qui ont inventé le mot : l'orientalisme. La scénographie de l'exposition a été mise en scène par Philippine Ordinaire et Bertrand Houdin qui se sont inspirés de la Grammaire de l'ornement (publié par Owen Jones en 1856) : d'où ils ont trouvé des arabesques qui serpentent le parcours de l'exposition. Il y a aussi des musiques dans un espace dédié. Notons la salle du collectionneur Albert Goupil (1840-1884). Et La petite baigneuse d'Ingres. Intérieur de harem (1828) ; les danseuses de Gérôme, un film de Mélies, Les Aventures du prince Ahmed, théâtre d'ombres, filmé en 1926 par Lotte Reiniger, ni le magicien Yanco, surnommé "le prince de Bagdad" (qui est né à Toulouse et de son vrai nom Jean-Louis Conte (1928-1990). Notons un prêt du Musée de l'armée.
Des Histoire des orientalismess contemporains ont été invités à investir librement la thématique de l'exposition, ce sont : Abbas Akbari, Kader Attia, Dalila Dalléas Bouzar, Nezaket Ekici, Katia Kameli, Nicene Kossentini, Fatima Mazmouz, Sara Ouhaddou, Nazanin Pouyandeh, Zineb Sedira, Wael Shawky, Rayan Yasmineh, Nil Yalter, Amir Youssef - revisitent ces héritages et proposent de nouvelles lectures qui questionnent le passé et écrivent un nouveau présent. N'oublions pas que Shéhérazade n'est pas loin, elle continue de raconter des histoires, et nous l'écouterons encore, à travers les siècles !
 
Patrick Amine
Lens, mars 2026
 
Musée du Louvre, Lens, Par-delà les mille et une nuits, Histoire des orientalismes. 25-03 au 20-07-2026.
Commissaires générales : Annabelle Ténèze, directrice du Louvre-Lens et Souraya Noujaim, Directrice du département des Arts de l'Islam, musée du Louvre ; Commissariat scientifique : Gwenaëlle Fellinger, conservatrice en chef du département des Arts de l'Islam, musée du Louvre.

https://www.louvrelens.fr

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