Martin Parr
Parrathon au FRAC Bretagne
Martin Parr
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Martin Parr

Martin Parr, Think of England, British flags at a fair, Sedlescombe,
England, 1995-99, © Martin Parr Magnum Photos

C'est un coup de dés du directeur Etienne Bernard de la FRAC Bretagne, que de proposer pour les six prochains mois une exposition du photographe Martin Parr, célèbre mondialement pour le regard acide qu'il porte sur ses contemporains. Miser sur un artiste populaire permettra sans doute de faire connaître et apprécier ce magnifique batiment, austère et un peu excentré, récemment signé par l'architecte Odile Decq, à un public plus large que le monde de l'art contemporain.

C'est une expo fun, très réussie, que ces quatorze séries de photographies emblématiques de Martin Parr, qui nous plongent dans la vision singuière que le photographe anglais porte depuis plus de 45 ans sur notre société, avec son œil acerbe hors du commun, sa perception de la société occidentale, au commencement anglaise, pour s'ouvrir par la suite au monde et à l'uniformisation de celui-ci.

C'est à une rétrospective que l'on nous convie, depuis la première série The Non-conformist, en 1975 où Martin Parr et son épouse s'immergent durant cinq ans dans une petite ville du Yorkshire pour en tirer un portrait sociologique, ethnologique ! jusqu'aux dernières séries Death by Selfie, 2015-2015 où le photographe pose sa réflexion sur l'autoportrait par selfie dans le tourisme mondial.

Son créneau, la société des loisirs de ses contemporains, des classes laborieuses The Last Resort, 1983-1985, aux classes moyennes émergentes, The Cost of Living, 1986-1989, à l'aristocratie et la Jet Set, Luxury, 1997-2011. Martin Parr se ballade, de Brighton à Venise, de Las Vegas à Versailles, des vernissages aux champs de course, il "shoot" les domaines du tourisme, marqueur de l'émancipation sociale, avec un humour et une perception décalée qui est accessible à tous au premier coup d'œil. C'est une exposition où chacun peut se confronter à son image, et pourra en rire et tester son humour.

Il y a du Cartier Bresson chez lui, mais avec le sarcasme et la malice en plus, les couleurs sont exagérées, les cadrages décalés, les sujets et les contextes caricaturaux, et toujours avec une distanciation très "british". Cette "anglitude" auquel il consacra la série Think of England, 1995-2003. Mais Martin Parr ne s'exclut pas de cette société, dans la série Self-portrait, 1991-2016, il se met lui même en scène dans des portraits fait aux quatre coins du monde, réalisés par des photographes professionnels ou amateurs ou en photomaton. Avec sa mimique pince-sans-rire, à la Buster Keaton, il se joue de lui-même et de toutes ces imageries populaires de vacances. Il est par ailleurs un collectionneur d'objets kitch et populaire.

Que disait Stromae : "alors on danse". La fin de l'exposition est consacrée à la danse, qu'il considère comme l'expression artistique la plus démocratique et universelle. Cette série Everybody Dance Now 1986-2018, est peut-être la métaphore de toutes ses préocupations, se déclinant depuis plus de trente ans, sans hériachie et sans tabous. Dans cette dernière salle la présentation se complète dans l'éclairage avec une boule à miroirs comme dans un dancing, humour anglais, je présume !
 
Pascal Vrignaud
Rennes, juillet 2020
 
 
Martin Parr, Parrathon, jusqu'au 24 janvier 2021
Fonds régional d’art contemporain (FRAC) Bretagne, Rennes
www.fracbretagne.fr

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